28 avril 2008
23 v'là les schmits!
« Putain il est v'là long son texte, merde la flemme de lire.». Je vous entend déjà...tant pis.
Le samedi avé les copains une fois les assommoirs fermés, on cherche souvent où terminer la soirée. « -Y a un after kek part? -Ouais yen a un au 23». Le "23" est une sorte d'entrepôt autogéré (j'adore ce mot) mis à disposition par la mairie pour permettre aux artistes en herbes, (parfois bien ratés) de laisser libre cours à leur fibre créatrice. Je n'avais pour ma part jamais foutu les pieds dans ce squat artistique; ni une, ni deux "on-nygo".
Arrivés là-bas ça sent la glauquerie à plein nez, on empreinte une vieille porte-cochère où des tessons de verres et la pisse encore fraîche se mélangent (j'exagère à peine), pour pénétrer le hangar où de riant escaliers graffés mille fois nous conduisent au living. Quelques canaps fatigués se font ici face, et des étagères remplies de bouquins aussi clichés que le Journal d'Ann Franck, meublent des murs sales; deux-trois croquettes jonchent le sol pour les quelques clébards de merde qui traînent sans laisse ni maître, le décor est planté. Pas mal de jeunes se pintaient ici et là en échangeant parfois des conneries grosses comme eux sur le monde qui les entourent (qui nous entoure aussi merde), d'un pessimisme frisant les discours du café du commerce, et prônant fièrement un art de vivre hors d'une société dont ils sont le plus pur produit et qu'ils épousent malgré eux, et là je m'explique.
Avant tout rendons à O'Cedar ce qui lui appartient, dans ce lieu poussiéreux ça semble à propos. Les gars qui sont là c'est moi d'abord, c'est mes potes parfois, mais c'est surtout, et là ça devient plus intéressant, des étudiants aussi branchés qu'un tecktonik en boîte. Tu remplaces le futal slim par un baggy tâché, le t-shirt moulant rayé par la veste militaire et la crête par les dreads et t'obtiens deux profils assez semblables, remplissant les critères requis pour se fondre dans le moule d'un type bien défini de jeunes gens.
Non moins rigolos, c'est enfin deux-trois cas-sos venus profiter d'un hangar dispo où licher peinards, et là c'est encore une autre paire de manches. On ne s'étonne plus de voir des jeunes gars (ou nanas d'ailleurs), se baladant tout chiens dehors, la 8.6. à la main, et faisant la manche dans les rues de nos cités. On s'étonne déjà plus lorsque l'un d'eux sort son téléphone portable pour répondre à un pote, qui plus est si l'on considère que ce genre de fantaisie nécessite le compte en banque qui suit. J'en ai même surpris un une fois au volant d'une bagnole, si si je vous jure, alors qu'on vienne pas me parler de contre-culture pour des mecs qui sucent la société de consommation jusqu'au trognon. Le pire est encore de se faire sermonner par des connards sur des idéaux qu'ils mettent bien bas, et qui auront en majorité (tempérons donc nos propos), une branche à laquelle se raccrocher, des parents avec lesquels ils ne sont même pas fâchés pour certains, et chez qui ils s'en retourneront sagement le temps venu, quand les vraies emmerdes les rappelleront. Il n'est pas de mots assez forts pour dire combien je conchie cette pseudo classe marginale, qui croit être assez maligne pour baiser le système mais qui s'en accommode assez facilement en vérité.
Comme chacun a ses contradictions, j'assume ma part d'intolérance mais je souhaite cependant préciser que l'endroit paraît être un excellent projet qu'il faut encourager et subventionner, que la culture non lucrative mérite d'être défendue, que les bons amis font les bonnes vacances, et que les castors lapons sont hermaphrodites. Vous ne m'enlèverez pas non plus l'idée que ce genre d'ambiance charrie souvent une faune stéréotypée dégueulasse que je souhaite dissocier des gens honnêtes qui s'adonne sans prétention à tout type de création.
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